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lundi 1 décembre 2008

Aux confins de la plaine


Cette nuit là j'ai plongé dans le noir,
Ce noir intense d'une profondeur astrale,
Que la nature dans un élan de perfection,
A cru bon de greffer sur ses cornées ovales.

Mes sens de mâle blasés par une vie,
A la luxure amoureuse trop établie,
Ont frissonné à la vue de cette créature,
Dont la jeune beauté illuminait les murs,

D'une ville perdue aux confins de la plaine.

Telle une princesse des temps modernes,
Elle m'embarqua dans son carrosse de cuir,
Filant à vive allure dans les campagnes en berne,
Que les autochtones en secret rêvent de fuir.

Mais à la vue des dragons de feu au fond de ses yeux,
Et malgré ses pas de Geisha ô combien raffinée,
Mon cœur de grande vertu ne s'est résolu à succomber,
A la puissance latine de son charme vénéneux.

jeudi 20 novembre 2008

Le blues du Lascar


J'vis au pied de ces buildings miteux,
Qui sentent la pisse, les armes et la beuh.
Ce soir faut qu'je choppe de quoi bédave,
Sinon j'aurais envie de viol dans une cave.

Ici tu te dois d'être un pur BoGoss
Si tu veux pas finir comme un putain d'BoLoss.
Pour ça faut qu'tu connaisses le point G,
Histoire de briller dans ma belle société.

J'essaie de m'trouver des bonnes meufs,
En évitant de m'faire pécho par les keufs.
Tu sais celles qu'on voit dans les clips de rap,
Putes, soumises, avec presque pas de sapes.

Ils nous niquent bien avec leurs rêves à deux balles,
Moi j'ai qu'la téloche, forcément ça m'emballe,
Quand j'vois le p'tit là haut avec sa collec' de Rollex,
J'me dis qu'mon grand frère a raison de bosser dans le sexe.

Travailler? Vous nous faites chier avec ce gros mot,
Parce que tu crois qu'j'ai pas essayé gros?
Même avec la volonté t'as toujours un regard de travers,
Qui te rappelle qu' tu viens de plus bas que terre.

Alors j'suis pas con, j'fais comme mes potes,
On vole, on deale et on s'emporte,
Si jamais tu veux pas nous filer ton portable,
Tu risques de retrouver ta tête dans un cartable.

Toi qui r'gardes la Star Ac' avec des étoiles dans les yeux,
Moi j'en suis à ma cinquième bouteille de mauvais mousseux,
Péta la veille au Lidl du quartier,
Faut bien qu'ça serve de s'taper des caissières déprimées.

Wesh sale baltringue de bourgeois,
Tu crois qu' j'ai pas envie des mêmes trips que toi?
Toi tes parents te couvent encore comme un nouveau né,
Moi ils m'ont viré du nid à peine je tétais.

Mais si t'as un plan pour sortir de cette galère,
Sans passer par la zonzon et les cerbères,
Sans trahir le peu d'idéaux dans mon cœur de lascar,
Là mec, j'me remettrais peut être à y croire.

En attendant j'survis au pied de buildings miteux,
Qui sentent la pisse, les armes et la beuh.
Ce soir faut qu'je choppe de quoi bédave,
Sinon j'vais finir par me pendre dans une cave.

A lire avec l'accent

samedi 13 septembre 2008

Samedi pluvieux

Il pleut sur le monde…

Tu cours pour ne pas rater le TGV de la vie,
Que nos maîtres horlogers allégrement dérèglent
Dissimulés derrière le Temps rebaptisé l’Ennemi
Mais tu cours pour mieux sauter vers leurs règles.

Les gouttes ruissellent sur ton front noir,
Et pendant que ton estomac fatigué grince,
D’Autres possèdent le monde dans leurs pinces,
Mais les gouttes ruissellent et tu peux boire.


Il pleut sur le monde…

Tu crois en leurs dieux à la puissance pure,
En mouton aveugle de la Religion tu danses,
Comme ces jeunes soldats pilotés à distance,
Mais tu crois en leurs dieux qui rassurent.

Tu fais confiance à cette boîte du bonheur,
Jour après jour elle instruit ton cerveau aliéné,
Transformant ton corps en légume avarié,
Mais tu fais confiance à cette boîte du malheur.

Il pleut sur le monde,
Et j’attends que tu me réveilles belle inconnue,
Du soleil de ton sourire vierge et dévolu,
Je tirerais les derniers espoirs de mon cœur perdu.

...